Compte rendu de la réunion groupe FEMMES.

Compte rendu de la réunion groupe FEMMES.

PREAMBULE
A l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes le Conseil Citoyen Paris 18 (CCP18) lance le groupe FEMMES pour débattre, agir et s’entraider. Cette opération est programmée par PMQA depuis le mois de septembre, elle figure dans le livret édité par la Ville de Paris à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Historiquement les premiers conseillers citoyens ne voyaient pas l’utilité de ce groupe, c’est la présence des femmes nouvellement conseillers citoyennes et la volonté conjuguée l’Etat, la ville de Paris et la mairie du 18ème qui ont conduit à la création de ce groupe.
La plupart habitent dans la partie la plus pauvre du quartier de la Goutte d’Or, chacun expose son ressenti de la problématique spécifique des femmes dans l’espace public en quartier difficile.

INVITATION destinée à toutes les personnes gagnées par cette cause, les humanistes et les
féministes, les citoyens et les citoyennes, membres ou pas du CCP18
Les Co référents en sont, Gertrude Dodart Directrice de l’association PMQA (Présidente Suppléante du CCP18) et Bruno Lemoine (Secrétaire du CCP18).

PERSONNES PRESENTES : Toutes les personnes présentes attendaient la création de ce groupe Femmes, en particulier les adhérentes de PMQA qui ont été nommées par arrêté préfectoral comme membre du CCP18, pour la plupart en 2018 en raison de leur implication dans une grande partie des réunions.

ORDRE DU JOUR
(En présence des jeunes du conseil citoyen Paris 18 avec un zoom sur la création d’entreprises)
1/ Parlons et luttons contre les DISCRIMINATIONS DE GENRE dans les quartiers populaires du 18ème
2/ Unissons-nous femmes et hommes pour une véritable EGALITE
3/ Construisons des ACTIONS CHOC pour permettre aux mères, filles, demandeuses d’emploi, étudiantes ou salariées de trouver leur place
4/ Investissons l’ESPACE PUBLIC proposons des solutions
5/ orientons les habitantes en souffrance dans la SPHERE PRIVEE
6/ Les femmes et la création d’entreprise dans les quartiers populaires.
7/ LES THEMES A VENIR pour les prochaines rencontres

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES ACTIONS SUIVANTES
En soutien aux femmes portées par la Mairie de Paris
De lutte contre les violences faites aux femmes, grande cause nationale 2018, lancées par l’Etat
De type Marches Exploratoires

TOUR DE TABLE des présents par ordre alphabétique
1. Farida BAHFIR Farida, habite le quartier. connait PMQA depuis 2012, date de son arrivée rue de la Goutte d’Or, elle a participé à de nombreuses réunions du CCP18, dont elle est membre nommée par arrêté préfectoral depuis 2018.
2. Bernard DESCARGUES, habitant du QPV des Portes, retraité de la fonction publique, administrateur du CCP18 depuis sa création, et référent du groupe logement.
3. Gertrude DODART, Directrice de l ’association PMQA et Présidente Suppléante du CCP18 dont le local est situé rue de la Goutte d’Or depuis 2012 et dans le 18ème depuis 2000 (La Chapelle). Motivée par la lutte contre toutes les discriminations, elle déplore la présence insuffisante d de jeunes majoritaires en QPV dans le CCP18. Elle fait participer les jeunes en Bafa Citoyen suivis par PMQA en lien avec IFAC Paris pour cette raison. En 2018, elle a crée 3 groupes : Santé (co-réferent Malek Chakib), Culture (Co-référent Bruno Lemoine) et Femmes qui se réunie pour la première fois aujourd’hui
4. Fatna HAJJI, 20 ans, elle fait un stage en juin/juillet à l’association PMQA et depuis suit les actions du CCP18 en raison de sa formation au BAFA Citoyen dispensée aussi avec l’association. Elle va devenir membre du CCP18, elle s’y est engagée le 7/11/2018 lors de la réunion du groupe Santé où elle était déjà présente.
5. Nesrine KHOULDI, 25 ans a grandi à la goutte d’or, elle vient d’aménager dans le 19ème elle est membre du CCP18, nommée par arrêté préfectoral (via la CAF), mais elle est venue suite au BAFA citoyen qu’elle souhaite suivre avec PMQA
6. Bruno LEMOINE, habitant du quartier La Chapelle, en veille active, administrateur, secrétaire du CCP18, rejoint le groupe car ses filles de plus de 20 ans, l’ont conduit à réaliser combien il est compliqué d’évoluer dans l’espace public sans se faire accoster, embêter ici et ailleurs.
7. Fatima MIFTA, habite le quartier depuis 1984, participation aux activités, notamment aux marches exploratoires de PMQA qui ont eu un apport décisif dans sa confiance en soi et pour son insertion avec la création d’Amicale de locataire en particulier. Elle est membre du conseil citoyen nommée par arrêté préfectoral en 2018, a déjà assisté à de nombreuses réunions du CCP18. En tant que mère elle est très préoccupée par la situation dans l’espace public.
8. Susanne PADEL, habitante du quartier Goutte d’or, très impliquée auparavant au sein du Comité Action Logement situé rue de la Goutte d’Or, membre du conseil d’administration de la Salle Saint Bruno également membre du CCP18 représentée par Patrick Gosset, et du conseil de Quartier Goutte d’Or. Elle vient pour la deuxième fois à une réunion du CCP18 et décide de le rejoindre en prenant une adhésion à titre personnel.
9. Fardous SAIDI – BENKACEM, habitante de la Goutte d’Or depuis 8 ans. Très impliquée dans les marches exploratoires des femmes réalisées à la Goutte d’Or, elle est administratrice de PMQA – Quartiers d’Art et membre du CCP18 nommée par arrêté préfectoral en 2018. En tant que mère de trois enfants, elle est très préoccupée par la situation dans l’espace public et les dangers récurrents dans les immeubles sociaux.
10. Fatoumata SAMASSI: habite dans quartier depuis 2004, PMQA l’a aidé à sortir de chez elle, elle participe aux actions Femmes citoyennes conduites par PMQA – Quartiers d’Art. Elle a participé à de nombreuses réunions du CCP18 dont elle est membre, nommée par arrêté préfectoral en 2018.
11. Amadou SYLLA : Président et coordinateur de l’association SOS CASAMANCE organisation humanitaire et sociale militante au Sénégal et en France pour promouvoir la paix en Casamance. Elle propose accompagnement scolaire et alphabétisation, ateliers et sorties éducatives et culturelles, accompagnement à la parentalité. Il Figure sur la liste de l’arrêté préfectoral du CCP18. Installé depuis peu rue de la Goutte d’Or, il est particulièrement préoccupé par la surreprésentation masculine dans l’espace public, place Polonceau notamment- en face de son nouveau local. D’ou sa venue à cette réunion pour la première fois au sein du CCP18.

DEROULE DES DEBATS
I. La difficile place des femmes dans l’espace public des quartiers populaire du XVIIIème L’espace public est physiquement occupé quasi exclusivement par les hommes à l’exemple de l’entrée du métro qui est bloquée par les vendeurs à la sauvette, ainsi que les encombrements de toute sortes la saleté généralisée rend pénible la circulation des femmes, surtout lorsqu’elles sont avec des poussettes et n’ont pas de place pour passer. Elles sont en outre victimes de vol, à l’exemple de toutes les filles de l’association PM qui se sont fait voler au moins une fois leur téléphone portable mais aussi d’injures grossières quelques soient leur apparence, même les femmes les plus sérieuses entendent des ignominies quand elles passent par exemple en bas de la rue Caplat.
Les femmes présentes, notamment les habitantes vivent dans des logements sociaux, situés dans la partie la plus en difficulté du secteur, elles ont exprimé un vécu douloureux et difficile dans le quartier au point que la plupart souhaitent le quitter.
La participation de Fardous, Fatima, Suzanne aux MARCHES EXPLORATOIRES DE FEMMES en 2017 dans le quartier avec PMQA représentée par Gertrude et A Place Egale, en lien avec l’Equipe de Développement local et à la demande des l’Observatoire Parisien des Violences Faites aux Femmes (OPVF) rattaché au service Egalité Inclusion de la ville de Paris a été très constructive. Cela leur a permis d’exprimer leurs frustrations et leur colère, de manifester leur solidarité en s’affirmant pour exiger leur respect, ce qui leur a donné la force en développant par la suite des actions citoyennes collectives pour prendre la parole en public, suivre des formations, organiser des actions avec la création d’amicales de locataire, rencontrer d’autres marcheuses, bref résister aux menaces y compris ou plus particulièrement celles provenant d’hommes installés dans l’espace public. Ces marches de femmes ont donné une ouverture vers les autres également puisque qu’elles ont permis de participer à une formation avec le CNFPT, d’aller aux rencontres nationales des marches exploratoires de 2017, organisée par France Médiation et aussi de rencontrer d’autres femmes. Le conseil de Quartier en 2015 avait offert aux conseillers une formation sur les marches exploratoires, pas forcément de femmes dispensée à la Maison Bleue, Bernard et Gertrude l’avait suivi à l’époque. Pour être efficace une marche doit concernée des personnes accompagnées en amont et être suivi de l’engagement des pouvoirs publics pour la prise de mesure liées. La mairie du 18ème a joué ce rôle sur certains aspects : éclairages, ralentisseurs, caméras de surveillance, jardinières, passages piétons. Pour les autres c’est un peu plus long, les obstacles seraient d’ordre administrative : nom de rue, sanisettes à déplacer, etc. Pour conclure : Le maintien des effets positifs d’une marche exploratoire des femmes dépends fortement du suivi des actions concrètes apporter des solutions aux dysfonctionnements mis en évidences : relations suivies avec le commissariat de police sur les questions de sécurité dans l’espace public, et avec la mairie du XVIIIème dont le maire c’est montré réceptif.
En espace public, une des préoccupations est le CADRE DE VIE à savoir à la fois la saleté, les encombrements et l’absence de convivialité avec la surreprésentation de commerces illicites tenus par des personnes qui ne sont pas du quartier. Une pétition a été déposé en ce sens début 2018, il fallait que cette situation cesse, elle a été portée par des associations de commerçants, validée aussi par les administrateurs de PMQA, comme par Le Sohan ou le restaurant Goutte  d’Or de l’autre côté de la rue. Cette action comme les marches exploratoires ont conduit la municipalité, mairie d’arrondissement et de Paris réunies, à annoncer de nouvelles mesures.
Une femme évoque LA PEUR quand on habite seule et que les commerces illicites se développent dans les garages qui jouxtent son appartement. Les femmes sont craintives non seulement pour leurs enfants, mais aussi quand elles sont concernées par le handicap, et déjà elle même en tant que femme se sentent en situation de fragilité dans l’espace public.
La stratégie de CONTOURNEMENT des espaces saturés en nombre de piétons fixes et dont la majorité est du genre masculin, jeune (moins de trente ans le plus souvent) et non résident du quartier accroit le sentiment de mal-être, auquel s’ajoute une stratégie de CAMOUFLAGE par des tenus vestimentaires neutres, couvrantes (long manteaux) ou de type masculin (pas de jupes ou de short). Amadou Sylla évoque la pression ressentie par ses adhérentes qui viennent volontairement dans le quartier avec un voile, pour ne pas être embêtées par les hommes en surnombre dans les rues. Les discriminations dans l’espace public sont même renforcées par des discriminations institutionnelles qui leur interdit de fait l’accès aux Espaces Jeunes gérés par l’association Espoir18, entièrement occupés par la présence des hommes. D’ailleurs ne 2017, ils n’ont pas été en mesure de faire les Marches Exploratoires de jeunes femmes proposées les EDL.
DECISION : le groupe Femmes décide de s’associer au groupe Culture qui a décidé d’une marche exploratoire culturelle de découverte des lieux et du patrimoine culturel du quartier. Afin d’y associer une marche exploratoire des femmes il décide d’un appel à témoignage sur les difficultés des femmes dans l’espace public qui pourrait être associé à des questionnaires.
Restent à choisir le quartier de ces marches, la date de leur mise en place et la structure susceptible de les accompagner.
II. Femmes et création d’entreprise dans les quartiers populaires
Pourquoi aucune start-up de femmes en général, dans les quartiers populaires et dans le 18ème ? Comment y remédier, sujet destiné aux jeunes en BAFA Citoyen avec l’Ifac et PMQA. . L’environnement des quartiers populaires n’est pas très favorable à la création d’activité en raison du climat d’insécurité qui y règne, ainsi que de la faiblesse du pouvoir d’achat de leurs habitants, ce qui rend les banques frileuses pour accorder les crédits indispensables à la réalisation des projets de création.
Les jeunes ne ressentent pas l’appui non plus des missions locales. Sans parler du fait que les jeunes femmes présentes ici, ont été déscolarisées suite à une mauvaise orientation en fin de collège, doublée de l’absence de stage une fois arrivées en lycée professionnel, et beaucoup de leurs amis filles/garçons sont dans le même cas. Cependant, il existe un regroupement des actions jeunes entre les mairies des 18èmes et 19èmes arrondissements pour les aider à trouver des stages. Le plus souvent elles ont fait du porte à porte toute seule pour essayer de trouver ces stages. PMQA confirme prendre régulièrement des jeunes que les parents ne sont pas en mesure d’aider dans leur démarche de recherche de stage mais aussi devoir en  refuser. Elles se déplacent par deux pour vaincre leur timidité, mais une petite association n’est pas en mesure d’accompagner toutes les demandes de stagiaires. Cette injustice commence donc très tôt, il faut y remédier de manière plus systématique. De même l’équipe de développement local EDL, n’a pas non plus de réel référent dans ce domaine. Si l’emploi est suivi, la création d’entreprise ne l’est pas.
Bruno Lemoine évoque la situation de sa femme, qui n’est pas débutante, elle a été soutenue grâce au micro-crédit sans intérêt proposé lors de la création d’entreprise. Mentionnons donc l’ADIE très active pour des micro-crédits dans les quartiers Politique de la Ville. LE SOHAN est un restaurant nouvellement crée où les femmes sont contentes de se retrouver. Effectivement les salons de thé attirent les femmes, Gertrude l’a évoqué lors de la réunion pied d’immeuble récemment autour de Afaf Gabelotaud à la mairie du 18ème. Effectivement les commerces peuvent aussi être proposé aux femmes pour rééquilibrer l’égalité des genres.
Pour la création de la coopérative Quartiers d’Art en juin 2018, il a été impossible de trouver un soutien concret des pouvoirs publics, malgré des demandes auprès de la région comme de la ville au bureau de l’Economie sociale et solidaire. Pourtant les pouvoirs publics ne cessent de répéter aux associations qu’elles doivent prendre de l’autonmie. Cette autonomie doit être accompagnée par eux également. Or il est impossible d’avoir un soutien pour un rendez-vous auprès de la Caisse des Dépots et Consignations, censée contribuer aussi à la création d’entreprise dans les quartiers.
Et si les EDL ont pu contribuer à la création de la filière Mode à la Goutte d’Or, ils n’ont pas de secteur dédié à la création d’entreprise, c’est dommage. Tout cela prouve bien que,même qualifiés les créateurs d’entreprises des quartiers ont peu d’opportunité en termes d’accompagnement, pourtant le chômage y est important.
DECISION : S’agissant des femmes, aucune aide pour l’accompagnement dans leur parcours de création d’activité ne leur est destinée, parfois elles ne sont pas informées, car en réalité il existe des aides régionales pour les entreprises de femmes, des micro-crédits pour les petites sociétés montées par les hommes ou les femmes. Mais il semble que ce sont d’abord les grosses entreprises qui sont aidées, parfois elles s’installent puis partent car elles font faillite, Virgin par exemple. Il serait donc souhaitable d’évoquer le sujet lors du bilan de la politique de la ville fin 2018, demander une implicaiton plus forte des EDL auprès des jeunes lycéen.ne.s, étudiant.es, start.up, une inter-action également avec les lycées, les missions locales et du concret avec l’ADIE et la CDC.

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu