Intoxication au plomb et santé

Intoxication au plomb et santé

Informations provenant de : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/lead-poisoning-and-health

Principaux faits

  • Le plomb est une substance toxique qui s’accumule dans l’organisme et a une incidence sur de multiples systèmes organiques. Il est particulièrement nocif pour les jeunes enfants.
  • Le plomb se diffuse dans l’organisme pour atteindre le cerveau, le foie, les reins et les os. Il est stocké dans les dents et les os, où il s’accumule au fil du temps. Pour évaluer l’exposition humaine, on mesure généralement la concentration de plomb dans le sang.
  • Le plomb présent dans les os passe dans le sang pendant la grossesse, et le foetus y est donc exposé au cours de son développement.
  • Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel l’exposition au plomb n’aurait pas d’effets nocifs.
  • On peut éviter d’être exposé au plomb.

Le plomb est un métal toxique naturellement présent dans l’écorce terrestre. Dans de nombreuses parties du monde, la généralisation de son usage a entraîné une importante contamination de l’environnement, une exposition humaine et de graves problèmes de santé publique.

L’exploitation minière, la métallurgie, les activités de fabrication et de recyclage, et, dans certains pays, la poursuite de l’usage des peintures, de l’essence et du carburant pour l’aviation au plomb, sont des sources importantes de contamination de l’environnement. Plus des trois-quarts de la consommation mondiale de plomb s’expliquent par la fabrication des batteries plomb-acide pour véhicules motorisés.

Mais ce métal est également utilisé dans de nombreux autres produits, par exemple: pigments, peintures, soudures, vitraux, vaisselle en cristal, munitions, glaçures céramiques, bijoux, jouets ainsi que dans certains produits cosmétiques et médicaments traditionnels. On peut en retrouver des traces dans l’eau potable quand elle est acheminée dans des canalisations qui sont en plomb ou soudées avec ce métal. Une grande partie du plomb que l’on trouve sur le marché mondial est aujourd’hui issue du recyclage.

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables aux effets toxiques du plomb, qui peuvent avoir des conséquences graves et permanentes sur leur santé, en particulier en affectant le développement du cerveau et du système nerveux. Le plomb a également des effets délétères à long terme sur l’adulte, y compris en augmentant le risque d’hypertension artérielle et de lésions rénales. L’exposition de la femme enceinte à des concentrations élevées de plomb peut entraîner des fausses couches, des mortinaissances, des décès prématurés, un faible poids de naissance.

Sources et voies d’exposition

Les sujets sont exposés au plomb au travail et dans leur environnement, principalement du fait:

  • de l’inhalation de particules de plomb issues de la combustion de matériaux qui en contiennent (par exemple, durant l’extraction de métal par fusion, le recyclage ou le décapage de peintures au plomb, et lorsqu’on utilise l’essence ou du carburant pour l’aviation au plomb);
  • de l’ingestion de poussière contaminée, d’eau (lorsqu’elle passe par des canalisations en plomb) et d’aliments (lorsqu’ils se trouvent dans des contenants à glaçure plombifère ou soudés avec ce métal).

L’utilisation de certains types de produits cosmétiques et médicaments non réglementés constitue une source supplémentaire d’exposition. On a signalé par exemple de fortes teneurs en plomb dans certains types de khôls, ainsi que dans certains médicaments traditionnels employés dans certains pays comme l’Inde, le Mexique et le Viet Nam. Les consommateurs doivent donc faire attention de n’acheter et de n’utiliser que des produits réglementés.

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables car, pour une source donnée, ils absorbent 4 à 5 fois plus de plomb par quantité ingérée que les adultes. De plus, leur curiosité naturelle et leur habitude de mettre souvent la main à la bouche font qu’ils portent à la bouche et avalent des objets qui en contiennent ou en sont revêtus (terre ou poussière contaminées, écailles de peinture au plomb).

Ce mode d’exposition est encore plus fréquent chez les enfants présentant un pica (trouble psychologique caractérisé par des envies persistantes et compulsives d’ingérer des substances non nutritives), qui peuvent par exemple ingérer des écailles de peinture grattées sur les murs, les cadres de porte et les meubles. L’exposition à la terre et à la poussière contaminées lors du recyclage de batteries et d’activités minières a entraîné des intoxications au plomb massives et de nombreux décès chez les jeunes enfants au Sénégal, Nigéria et dans d’autres pays.

Une fois dans l’organisme, le plomb se diffuse vers des organes comme le cerveau, les reins, le foie et les os. Il est stocké dans les dents et les os, où il s’accumule au fil du temps. Le plomb stocké dans les os risque de passer dans le sang durant la grossesse et de contaminer ainsi le fœtus.

Les enfants sous-alimentés sont plus exposés au plomb car l’organisme en absorbe davantage lorsqu’existe un déficit en substances nutritives comme le calcium ou le fer. Les enfants les plus exposés au risque sont les très jeunes (y compris pendant la période fœtale) et ceux qui sont économiquement défavorisés.

Effets de l’intoxication au plomb sur la santé des enfants

L’exposition au plomb peut avoir de graves conséquences sur la santé des enfants. À des niveaux élevés, le plomb s’attaque au cerveau et au système nerveux central, provoquant le coma, des convulsions et même la mort. Les enfants qui survivent à une intoxication aiguë au plomb risquent de souffrir de retards mentaux et de troubles du comportement.

À des niveaux d’exposition plus faibles, qui n’entraînent pas de symptômes évidents, on sait que le plomb altère de diverses manières de multiples systèmes organiques. En particulier, il peut affecter le développement du cerveau chez l’enfant, ce qui entraîne une baisse du QI, des changements comportementaux (réduction de la faculté de concentration et hausse des comportements antisociaux, par exemple) et une baisse des résultats scolaires.

L’exposition au plomb cause également anémie, hypertension et déficience rénale et a des effets toxiques sur le système immunitaire et l’appareil reproducteur. Les effets neurologiques et comportementaux seraient irréversibles.

Il n’existe pas de concentration de plomb dans le sang qui soit sans danger. Même des concentrations sanguines aussi faibles que 5 µg/dL sont parfois associées à une baisse de l’intelligence de l’enfant, à des problèmes comportementaux et à des difficultés d’apprentissage. À mesure que l’exposition au plomb augmente, la diversité et la gravité des symptômes et des effets s’accroissent également.

Fait encourageant, la suppression progressive de l’essence au plomb dans la plupart des pays a, avec d’autres mesures de lutte, réduit fortement les valeurs de la plombémie dans la population. Un seul pays continue aujourd’hui d’utiliser ce type de carburants (1). Il faut cependant en faire davantage pour éliminer progressivement les peintures au plomb : jusqu’à présent, 37 % des pays seulement ont introduit des contrôles contraignants dans ce domaine (2).

Charge de morbidité imputable à l’exposition au plomb

Selon l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), les effets à long terme de l’exposition au plomb ont entraîné 1,06 million de décès et 24,4 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité (DALY) perdues en 2017. Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont les plus touchés. L’IHME a également estimé qu’en 2016, l’exposition au plomb était à l’origine de 63,2 % de charge mondiale de déficience du développement intellectuel idiopathique, de 10,3 % de la charge mondiale des cardiopathies hypertensives, de 5,6 % de la charge mondiale des cardiopathies ischémiques et de 6,2 % de la charge mondiale des accidents vasculaires cérébraux (3).

Action de l’OMS

L’OMS classe le plomb parmi les 10 produits chimiques gravement préoccupants pour la santé publique qui appellent une action des États Membres pour protéger la santé des travailleurs, des enfants et des femmes en âge de procréer.

L’Organisation élabore actuellement des lignes directrices sur la prévention et la prise en charge de l’intoxication au plomb qui fourniront aux responsables de l’élaboration des politiques, aux autorités de santé publique et aux professionnels de la santé, des orientations reposant sur des données factuelles sur les mesures qu’ils peuvent prendre pour protéger la santé des enfants et des adultes contre l’exposition au plomb.

Comme les peintures au plomb restent une source d’exposition dans de nombreux pays, l’OMS et le Programme des Nations Unies pour l’environnement ont uni leurs forces pour créer l’Alliance mondiale pour l’élimination des peintures au plomb. Cette initiative de coopération vise à canaliser et à stimuler les efforts destinés à atteindre les buts internationaux de prévention de l’exposition des enfants aux peintures au plomb, et à réduire l’exposition à ces produits en milieu professionnel. Son objectif général est de favoriser un arrêt progressif de la fabrication et de la commercialisation des peintures contenant du plomb et, en définitive, d’éliminer les risques qu’elles posent.

L’Alliance mondiale est un moyen important de contribuer à la mise en œuvre du paragraphe 57 du Plan d’application du Sommet mondial sur le développement durable et de la résolution II/4B de l’Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques (SAICM), qui concernent tous 2 l’élimination progressive de la peinture au plomb.

L’OMS prend part également à un projet financé par le Fonds pour l’environnement mondial, qui vise à aider au moins 40 pays à mettre en œuvre des contrôles juridiquement contraignants sur la peinture au plomb.

L’élimination des peintures au plomb d’ici 2020 fait partie des actions prioritaires pour les gouvernements prévues dans la Feuille de route de l’OMS pour accroître la participation du secteur de la santé dans l’Approche stratégique de la gestion internationale des produits chimiques, dans la perspective de l’objectif fixé pour 2020 et au‑delà. Cette feuille de route a été approuvée à la Soixante-Dixième Assemblée mondiale de la Santé (décision WHA70(23)).

Cela contribuera à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD, notamment de:

  • la cible 3.9  qui prévoit d’ici à 2030, de réduire nettement le nombre de décès et de maladies dus à des substances chimiques dangereuses et la pollution et à la contamination de l’air, de l’eau et du sol.
  • la cible 12.4 qui vise d’ici à 2020, à instaurer une gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques et de tous les déchets tout au long de leur cycle de vie, conformément aux principes directeurs arrêtés à l’échelle internationale, et à réduire considérablement leur déversement dans l’air, l’eau et le sol, afin de minimiser leurs effets négatifs sur la santé et l’environnement.

 

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