Coronavirus : la crise sanitaire a « jeté une lumière crue » sur les inégalités.

Coronavirus : la crise sanitaire a « jeté une lumière crue » sur les inégalités.

Les populations les plus fragiles sont exposées à « une double voire une triple peine » face au Covid-19, montre un rapport de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Les populations les plus pauvres, habitant en zone périurbaine, sans possibilité de télétravail, cumulent les facteurs de risque.
Tout d’abord, la Dress confirme que le risque de contamination a été plus élevé dans certains emplois exposés au contact avec les malades, comme les personnels soignants, ou au contact avec le public en général, comme dans le secteur de l’action sociale, de l’industrie agroalimentaire, du commerce et de l’industrie, peut-on lire dans ce rapport d’une quarantaine de pages.
Le confinement a également été plus dur à vivre pour les populations les plus pauvres, qui ont pu souffrir de leurs conditions de logement, d’isolement, d’une coupure de l’accompagnement social ou encore d’un accès plus compliqué au numérique et donc à la réussite éducative, avance le rapport. Les conséquences économiques de la crise risquent encore d’accroître ces inégalités en raison des baisses de revenus d’activité.
Evidemment, les personnes en situation de grande précarité, sans domicile, réfugiés et migrants notamment, « cumulent une forte insécurité sanitaire, liée au risque d’exposition au virus dans des structures d’accueil collectives, des difficultés d’accès aux soins, ainsi qu’une forte insécurité économique », note la Drees.
L’isolement, facteur aggravant
Les personnes en isolement social ou atteintes de troubles psychiatriques – des conditions là aussi dépendant souvent de facteurs sociaux – présentent elles aussi des risques accrus face au Covid-19. Le rapport invite également à porter une attention particulière aux personnes résidant dans des établissements médico-sociaux (en EHPAD, ou en situation de handicap), qui cumulent elles aussi un risque d’exposition élevé lié au lieu de vie et de dégradation de l’état de santé due à l’isolement.
Ces différents facteurs de risques et leurs interactions « sont autant de points de vigilance qui méritent des réponses en termes de politiques publiques », conclut la Drees. Selon le rapport, il est possible « d’atténuer les disparités sociales en jouant sur les mécanismes en amont, celui de l’exposition, et en aval, celui de la prise en charge et de l’accès aux soins, tout en tenant compte des difficultés supplémentaires liées au confinement ».

 

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