Compte rendu de réunions du groupe logement.

Compte rendu de réunions du groupe logement.

Foule_IllustrationB0_2-300x199Le groupe logement du CCParis18 qui s’est renforcé lors de la réunion publique du 23 juin est allé à la rencontre des habitants de 2 quartiers de la politique de la ville du 18ème. Il s’agissait de permettre aux habitants présents d’exprimer leurs vécus et leurs opinions sur les questions de logements dans leur quartier, et de proposer des solutions à défendre auprès des autorités chargées de la politique de la ville.

  • La première rencontre s’est déroulée le 30 juin dans les locaux de l’association Paris Macadam – Quartiers d’art, à la Goutte d’or. Elle a réuni, outre un représentant d’une fédération d’amicale de locataire, des habitantes mal logés, soit en attente d’un HLM, soit en recherche d’UN HLM plus adapté à leur situation familiale.

Ces cas individuels ont mis en évidence l’inefficacité du DALO pour répondre réellement au manque de logements sociaux disponibles, ainsi que les rigidités des règles de gestion locatives qui entravent la circulation de l’information, et empêchent le plus souvent les échanges d’appartements. Il a été demandé que les bailleurs sociaux mettent rapidement en œuvre les dispositions de la loi n°2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté  destinées à faire redémarrer la mobilité résidentielle tant en libérant des logements qu’en permettant les échanges à l’intérieur du parc social.

  • La seconde rencontre s’est tenue le 4 juillet au quartier La Chapelle Evangile, place Pierre-Mac-Orlan.

Les habitants présents ont d’abord mis en avant la question des loyers intermédiaires du parc social, en particulier de Paris Habitat qui entraine un grand nombre de locataires, travailleurs modestes, dans une spirale de surendettement pour payer des loyers plus charges qui excèdent largement leurs ressources disponibles. Livrées en 1989, beaucoup des résidences de la ZAC Evangile étaient des logements sociaux à loyer intermédiaire destinés aux habitants de la classe moyenne, qui devant la dégradation de l’environnement du quartier, refusent de plus en plus ces logements. Les habitants reprochent aux bailleurs sociaux d’attribuer systématiquement ces logements à des familles qui n’ont pas les ressources suffisantes, et de ne pas intervenir dès que les premières difficultés financières apparaissent. En particulier Paris Habitat ne propose jamais de relogement dans ses résidences sociales.

Les habitants se sont constitués en association (ADL Paris 18) pour intervenir auprès des pouvoirs publics, qui a obtenu, en 2015 une grande réunion des acteurs concernés, sans déboucher sur le résultat souhaité : la prise en compte de la réalité sociale du quartier qui s’appauvrit entrainant la fermeture des commerces pour cause d’insuffisance d’activité et d’endettement (sur 15 existants, seuls 5 restent en activité, mais fragilisés). Ce mouvement de retrait est renforcé par la fermeture des services publics : commissariat, bureau de poste, alors qu’on est en Quartier Prioritaire et en Veille.

Les habitants demandent qu’en conséquence les résidences soient reconventionnées en HLM social, comme cela a été fait dans plusieurs quartier, dans le XVIème, en particulier. Ils veulent aussi que les bailleurs sociaux respectent les règles en matière de ressource pour l’attribution des logements et que L’Agence nationale de contrôle du logement social, l’ANCOLS, s’assure effectivement de ce respect. Enfin ils réclament le maintien de tous les services publics pendant la durée du contrat de ville.

  • Les habitants ont ensuite exprimé leurs inquiétudes face à la dégradation de la sécurité du quartier qui affecte directement la qualité du logement dans la mesure où le nombre de cambriolages augmente, même le jour, et où les bandes ont tendance à occuper les espaces collectifs des immeubles, allant jusqu’à y stocker le produit de leur vol. Totalement dissocié du climat de la porte de la Chapelle qui ne rejaillit pas actuellement sur le quartier, les bandes composées d’éléments habitant les quartiers et d’éléments extérieur, font régner un véritable climat de peur par leur violence qui se traduit par des agressions de plus en plus fréquentes dont les femmes sont les premières victimes. Les habitants comprennent difficilement l’attitude des diverses forces de polices qui ont tendance à se défiler, prétextant que ce type de violence ne relèverait pas de leur responsabilité, ce qui les a conduit plusieurs fois à s’abstenir d’intervenir étant témoin d’agression.

La réunion qu’avait obtenue l’association avec la commissaire du XVIII ème et les autorités locales a été annulée en raison de l’agression physique avec barre de fer des 2 représentants du bailleur venus sur places se rendre compte de la situation.

Les habitants sont sûr que, comme l’an dernier pour le 14 juillet, les violences de toute nature (profusion de pétards et feu d’artifices, voitures brulées) vont s’exacerber, et qu’il y a un risque réel de « bavure ».

  • En conclusion de la rencontre, les habitants présents ont dit regretter, qu’étant quartier prioritaire de la politique de la ville, aucun des engagements de moyens supplémentaires n’ont été tenus, alors qu’au contraire ils n’avaient plus accès à des moyens et dispositifs de droit commun.
  • Le groupe de travail logement doit s’organiser pour poursuivre l’écoute des habitants des différents quartiers en politique de la ville du XVIII ème. Avec l’appui des habitants qui l’ont rejoint, le Conseil citoyen devra ensuite formaliser tous les éléments recueillis pour interpeller et faire pression sur les autorités impliquées. Les étapes de bilan de l’avancement du contrat de ville qui réunissent l’ensemble des acteurs impliqués devraient fournir l’opportunité d’un écho maximum à ces demandes et créer une dynamique positive pour faire avancer les solutions.

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